jeudi 4 novembre 2010

Entendeurs de voix : la post-psychiatrie en marche


(cet article a été écrit pour Le Cercle psy. Pour des raisons de droits, je publie ici une version de travail antérieure).

Imaginez un monde où l'on ne parlerait plus de « fous ». Un pays où ceux qui ont des hallucinations auditives ne seraient plus mis au banc de la société et pourraient trouver du travail sans difficulté. Une ville où les schizophrènes ne seraient plus systématiquement assimilés à des individus dangereux qu'il convient de surveiller, voire de punir, et où entendre des voix ne serait plus une fatalité mais une modalité existentielle, un peu comme certains préfèrent les blondes ou d'autres ne jurent que par les crêpes au beurre salé. Vœu pieux et irréaliste ? Pour les membres d'Intervoice, pas si sûr.
Tout commence en 1997, lorsqu'un groupe de personnes se définissant comme « entendeurs de voix » rencontre des professionnels de la santé mentale à Maastricht. Ensemble, ils décident de créer une structure pour fournir un cadre administratif formel aux multiples regroupements d'entendeurs de voix qui existent alors dans plusieurs pays anglo-saxons. Baptisé Intervoice (The International Network for Training, Education and Research into Hearing Voices), le réseau, co-fondé par le Pr Marius Romme et basé en Angleterre, devient une organisation non-gouvernementale à part entière regroupant des psychiatres, des psychologues, des infirmiers et des entendeurs de voix, et coordonne, treize ans plus tard, plusieurs centaines de groupes locaux dans de nombreux pays.

« Bien plus de gens entendent des voix qu'on veut bien le croire. »

Alors que les hallucinations auditives sont traditionnellement associées à la maladie mentale, Intervoice adopte une toute autre position : entendre des voix n'est pas en soi une maladie. Président de l'organisation, le psychiatre Dirk Corstens explique : « Sachez qu'il y a bien plus de gens qui entendent des voix, et toutes sortes de voix, qu'on veut bien le croire. » On peut en effet supposer que les gens qui entendent des voix ne sont pas tous suivis par un psychiatre. Certains n'osent pas avouer qu'ils entendent des voix, d'autres ne se sentent pas persécutés par elles et ne voient pas où est le problème, d'autres enfin pensent qu'il en va de même pour tout le monde.
Or, pour Intervoice, dépathologiser le phénomène des hallucinations auditives commence par un changement de terminologie : on leur préférera le terme plus neutre « d'entendeur de voix ». De même, on ne parlera plus de « malades » ni même de « patients » mais « d'usagers ». Ainsi, précise le Dr Corstens : « Entendre des voix ne doit pas être pensé en tant que pathologie que l'on se doit d'éradiquer mais comme une expérience riche de sens, à interpréter, intimement liée à l'histoire singulière de l'entendeur de voix et, la plupart du temps, à des traumatismes non résolus. » Lesquels relèvent souvent, dit-il, de l'abus sexuel ou de la violence intra-familiale ou scolaire (moqueries et brimades répétées à l'école).
La convocation de ces idiomes de détresse moderne (l'abus sexuel, la violence intrafamiliale ou scolaire), servant à attribuer une cause à un mal d'origine mystérieuse pour faire chuter l'angoisse, n'est certes pas une nouveauté. Mais on ne voit pas pourquoi l'explication traumatique serait plus bête que celle liée à un excès de dopamine au niveau de la voie mésolimbique. Par ailleurs, on pourrait penser que les recommandations d'Intervoice sur la nécessité de ne pas traiter le patient comme un numéro mais de s'intéresser à son histoire, à la manière dont il a « poussé » (presque au sens bionien de « croissance » (growth)), et à ce qui l'a constitué en tant qu'adulte sont des questions de bon sens, n'importe quel clinicien ayant un tant soit peu de respect pour ses patients se devant d'avoir intégré ces notions. Mais elles sont écrites noir sur blanc à longueur de pages sur le site d'Intervoice, des congrès réunissant plusieurs centaines de professionnels de la santé mentale se tiennent sur le sujet, et Karen Taylor, un des membres influents d'Intervoice, prend la peine d'expliquer que la littérature regorge de personnages qui deviennent fous parce qu'il leur est arrivé quelque chose de terrible… : on ne peut faire comme si tout cela n'avait pas de rapport avec la réalité. Il s’agit aussi d’indicateurs de la froideur, voire du mépris à peine voilé, avec lesquels se sentent traités un bon nombre de nos malades.

« La psychiatrie traditionnelle a condamné ces personnes au silence »

Rappelons que depuis l'avènement du DSM-III en 1980, toute interrogation sur l'histoire singulière du patient est progressivement devenue, dans un certain nombre de services de psychiatrie, superflue. Si l'on peut s'intéresser à l'histoire de la maladie (mode d'entrée, symptômes, évolution, pronostic), la trajectoire de la personne passe parfois au second plan, voire n'est pas même abordée lors des entretiens cliniques. Dans sa préface au livre Living with Voices : 50 Stories of Recovery (Vivre avec des voix : cinquante histoires de rétablissement (recovery)), Manuel Gonzalez de Chavez, chef du service de psychiatrie du General University Hospital Gregorio Marañón de Madrid et ancien président de l'International Society for the Psychological Treatment of Schizophrenia and other Psychoses, s'emporte : « Qu'est-ce que la psychiatrie descriptive traditionnelle nous a offert ces deux derniers siècles ? Un triple saut périlleux d'arrogance et d'ignorance qui pour commencer a jugé ces personnes comme des aliénés puis comme si leur cerveau était lésé et enfin a cessé de prêter attention à ce qu'ils disaient. Elle a redéfini les voix sur une base exclusivement pathologique comme des hallucinations auditives, s'est drapée dans le symptôme paradigmatique d'étiquette diagnostique comme celle de schizophrénie ou de psychose, en s'autorisant sans le moindre fondement l'hypothèse toujours non démontrée d'un trouble cérébral sous-jacent. Pire encore, elle a condamné ces personnes au silence parce qu'elle soutenait a priori que les voix n'ont aucun sens, que c'était les bruits qui sortaient d'une machine cérébrale endommagée et que cela ne valait pas le coup de les écouter. Et c'est pourquoi les professionnels de la psychiatrie descriptive traditionnelle ne les ont pas écoutés. Peut-être se sont-ils posé la question de savoir ce qu'était la forme de ces voix, croyant que leurs aspects formels seraient le chemin qui les conduirait au trouble cérébral. Mais cependant ils n'étaient en rien intéressés par le contenu des voix, par ce que ces voix disaient aux patients qui les entendaient, alors que c'était précisément ce qui, pour les patients, avait l'importance la plus grande. »
Ce qui nous amène, par ricochet, à nous poser une autre question. Dans certain milieux, il est de bon ton de critiquer pour un oui ou pour un non l'approche neurobiologisante et naturaliste de la psychiatrie en brandissant la supériorité de la psychanalyse, seule à même de pouvoir s'interroger sur la singularité du Sujet avec un grand « S ». Soit. Mais c'est toujours pareil : les idéaux ont beau être nobles, tout dépend l'usage que l'on en fait. Ainsi, est-on sûr que s'empresser de coller à un patient, au bout de cinq minutes d'une présentation de malades proche de la dissection entomologique, une forclusion du nom-du-père à la va comme je te pousse, histoire de le faire rentrer bien gentiment dans les petites cases du Séminaire III de Lacan, ne relève pas, là aussi, de la stigmatisation et de la pathologisation ?

Un changement radical de paradigme

Lorsqu'on a eu vent du congrès mondial d'entendeurs de voix du 2 novembre 2010 dans la forêt de Sherwood, on a d'abord cru à une énième lubie d'huluberlus férus d'antispsychiatrie primaire et de new-age dégoulinant. Mais il suffit d'examiner de plus près le travail entrepris par les groupes d'entendeurs de voix qui se montent un peu partout en Europe, au Québec, en Australie, aux Etats-Unis, pour ne plus rire du tout. Pourquoi ? Parce qu'Intervoice nous invite à un changement radical de paradigme, qu'on y adhère ou pas, qui nous interroge dans notre éthique de clinicien et redéfinit même la question de norme et notre rapport à la maladie mentale.
Ce qui fait l'originalité de groupes comme Intervoice, c'est qu'ils sont quasi invisibles au plan institutionnel mais - au fur et à mesure du mécontentement des patients, de leur famille ou de leurs proches, face à la manière dont ils se sentent traités dans certains services de psychiatrie -, tendent à se multiplier. Prenons le pari qu'au vu de la crise traversée par la psychiatrie actuellement, ces nouvelles formes d'entraide et de solidarité, où la trajectoire d'une personne n'est plus marquée du sceau de la fatalité mais devient un texte ouvert, sans cesse réécrit dans le dialogue avec les autres membres du groupe, mais aussi avec ses propres voix, devraient se développer à vitesse exponentielle dans les années à venir.

Maladie ou sensibilité particulière ?

Au Québec, le travail entrepris par Le Pavois (un organisme communautaire créé en 1989 dont le but est de faciliter l'intégration socioprofessionnelle et scolaire des personnes ayant un problème de santé mentale) a reçu la mention d'honneur du ministère de la Santé. Ce groupe de formation et de soutien pour les entendeurs de voix a été créé en 2007, afin de répondre à certains besoins non comblés par le réseau de la santé mentale. Pour éviter que la personne qui entend des voix reste « seule et isolée avec son vécu, ses voix, son expérience », les militants du Pavois ont donc élaboré un programme ambitieux permettant aux entendeurs de voix de se réunir, via un groupe de formation et de soutien pour « échanger librement sur leurs voix ou d'autres perceptions sensorielles (visions, tactiles, olfactives, gustatives) mais aussi explorer leurs voix et les périodes silencieuses via différents exercices et d'apprendre un répertoire de stratégies pour mieux composer avec leurs voix, les diminuer ou les éliminer. » Le tout visant à aider chaque personne à « reprendre du pouvoir sur sa vie ».
Yann Derobert termine ses études de psychologie clinique en France parallèlement à son activité professionnelle. Il avait précédemment travaillé à la clinique de La Chesnaie, près de Blois, haut lieu de la psychiatrie institutionnelle. Sa rencontre avec Intervoice et ses membres fut pour lui une véritable « révolution intellectuelle et émotionnelle » qui lui a permis d'aborder son métier de clinicien différemment. « Prendre en compte ce qui s'est passé dans l'histoire de la personne, c'est permettre à la personne de reconstituer cette histoire, de s'y retrouver, de se confronter à son passé et de l'accepter comme quelque chose qui ne peut être changé mais auquel on peut - avec le recul du temps et aussi en s'informant, en échangeant avec d'autres... - trouver un sens différent de celui qu'on a cru d'abord devoir lui donner, pour pouvoir survivre ou parce qu'on nous y incitait, par exemple », explique-t-il. Ce changement de perspective permettant de comprendre qu'« une personne rencontrant des difficultés d'ordre psychique, quelles qu'elles soient, a subi un processus s'articulant sur des mécanismes présents en chacun de nous. Le ''malade mental'' n'est donc pas à part, il est éventuellement plus sensible – mais encore faut-il considérer cette sensibilité comme une maladie. »

La schizophrénie ? « Une hypothèse inutile qu'il faudrait abandonner »

Selon le Dr Corstens, « la schizophrénie est une hypothèse non scientifique et inutile qu'il faudrait abandonner. De plus en plus, à mesure qu'on s'aperçoit des faiblesses méthodologiques, du très petit pouvoir de prévision de l'évolution, de la variabilité symptomatique et de la faiblesse générale inhérente à la validité du terme de schizophrénie, la littérature psychologique récente s'est progressivement mise à se concentrer sur des aspects spécifiques ou particuliers ou sur certaines dimensions associées de la schizophrénie. Le mouvement des entendeurs de voix se considère comme une organisation à visée libératrice, post-psychiatrique, et qui se positionne à l'extérieur de l'univers de la santé mentale, parce qu'elle reconnaît que les voix sont un aspect du fait qu'il y a des hommes très différents les uns des autres, plutôt qu'un problème de santé mentale. Et ceci - comme c'était autrefois le cas avec l'homosexualité (qui fut également considérée par la psychiatrie à une période historique donnée comme une maladie) – d'un point de vue fondamental, concerne les droits de l'homme. Tout comme pour l'homosexualité, les membres du mouvement ont pour but de changer la façon dont la société perçoit l'expérience, et l'attitude de la psychiatrie devra s'y soumettre. »
Ainsi, pour Intervoice, « Il faudrait faire droit à un diagnostic de “psychose induite traumatiquement”, et tout autant à d'autres alternatives étiologiques comme les psychoses induites par les drogues, les psychoses induites par votre identité, etc. La prise en charge en santé mentale devrait s'orienter vers le fait d'apprendre à se débrouiller avec les expériences au lieu de chercher à les supprimer, à analyser les causes des émotions et à apprendre à se débrouiller avec elle, à travailler dans le but d'arriver au rétablissement (recovery) et au développement de la personne.”

Vivre sa vie, plutôt que celles de ses voix

Il suffit d'avoir travaillé dans un service de psychiatrie pour se rendre compte que lorsqu'une personne entend des voix qui la persécutent et mettent en danger sa vie et/ou la vie d'autrui, le recours à un traitement médicamenteux s'impose. Et qu'il est des situations d'urgence où seule l'hospitalisation peut venir à bout d'un accès maniaque majeur ou écrêter quelque peu un délire de persécution en phase aigüe. Mais il convient de rappeler que d'une part, toutes les voix ne sont pas vécues sur un mode persécuteur (il y a des voix que les patients trouvent « gentilles », voire « agréables » et qui les « aident ») et que, d'autre part, certains patients tiennent à les garder et en tirent un certain bénéfice. Ce qui nous amène à nous demander pourquoi, dans des cas comme ceux-là, on devrait s'acharner à tout prix à les supprimer. En se promenant sur le site d'Intervoice, en lisant les témoignages de tous ces gens qui racontent leur long parcours douloureux, leur solitude absolue, les stratégies mises en place patiemment, petit à petit, pas à pas, pour vivre avec la ou les voix qu'elles entendent, on ne peut qu'être impressionné - et, disons-le, admiratif - devant l'inventivité, la créativité, le courage et la ténacité mises en œuvre par des personnes qui, non seulement réussissent à tenir encore debout, mais arrivent à vivre leur vie plutôt que les vies de leurs voix.
L'approche proposée par Intervoice s'inscrit dans le cadre du mouvement plus large du recovery, souvent traduit par « rétablissement ». Très répandues dans les pays anglo-saxons, les pratiques fondées sur le recovery s'opposent à l'idée d'une carrière-type prédéterminée et linéaire du malade et remettent en question les critères d'évaluation positive dans son parcours. Ainsi, l'absence de réhospitalisation, la durée prédéterminée pour évaluer l'évolution des symptômes ne sont plus des critères pertinents, et les rechutes sont réinterprétées comme faisant intégralement partie du travail de récupération. A l'idée de guérison, on préfèrera celle d'acceptation de la maladie, d'apprentissage d'un « vivre avec », d'une reconquête de l'indépendance et d'une plus grande satisfaction éprouvée dans la vie.
Si le début des troubles a une cause identifiée (la mauvaise rencontre traumatique), « réciproquement, le recovery est également un processus qui a un début généralement identifié, souvent inauguré par la rencontre avec une personne (soignant ou non), qui va considérer le ''patient'' d'abord comme une personne à part entière, et aux yeux de laquelle le diagnostic qui a éventuellement été porté sur lui ne dit en réalité rien de lui », précise Yann Derobert. En offrant à cette personne « une relation humaine faite de sincérité, d'acceptation, de compréhension, dans un contexte rassurant et sécurisant, elle pourra, dit-il, « avec l'aide d'un accompagnateur et via le partage d'expérience avec des pairs, explorer son expérience, reconstituer son histoire, en accepter les dimensions négatives qui ne peuvent être changées (notamment celles liées à son passé), renouer avec ses émotions, apprendre à identifier ses besoins et à les faire respecter », sachant que « le processus de recovery n'a pas de limite. » Et de citer le cas d'un des membres emblématiques d'Intervoice, Eleanor Longden, « psychotique un jour », désormais psychologue clinicienne émérite. Un exemple parmi beaucoup d'autres. Et de plus, « on pourrait considérer que chacun de nous est sur un chemin de recovery pour les difficultés qui le concernent », souligne Yann Derobert.
Autre fondement du recovery : à la relation verticale soignant-soigné qui reproduit la logique dominant/dominé de l'abus traumatique originel, se substitue une relation entre « partenaires qui travaillent, ensemble, pour le rétablissement ». Le clinicien n'est plus envisagé comme détenteur d'un savoir absolu : « Les membres d'Intervoice affirment haut et fort que le facteur le plus important pour assurer le succès de leur approche, c'est l'accent placé sur l'engagement personnel des participants, ce qui veut dire que tous ceux qui y prennent part sont considérés comme autant d'experts individuels de leur propre expérience, renchérit Dirk Corstens. Ils se considèrent les uns les autres en premier lieu comme des individus, en deuxième lieu comme des partenaires égaux, et en troisième lieu comme ayant tous à offrir une expertise différente, mais dotée d'une valeur dont ils peuvent mutuellement bénéficier. Et ceci peut aussi bien se produire par voie d'expérience directe, dans le fait d'entendre des voix ou du fait d'avoir travaillé avec des entendeurs de voix (et/ou d'avoir le désir de s'impliquer). »

« Se montrer à la hauteur de leur désir de vivre »

Si à ce jour, il n'existe pas encore en France de groupes d'entendeurs de voix en tant que tels, avec l'objectif affiché d'échanger sur et avec les voix des participants, le 11 octobre dernier une journée de sensibilisation sur l'approche expérientielle du phénomène des voix a eu lieu à Lille, dans le cadre de l'EPSM Lille-métropole. Et « il est tout à fait possible que des groupes d’usagers qui entendent des voix se soient constitués, représentant, de fait, des lieux d'échanges sur l'expérience humaine consistant à entendre des voix, et aidant par conséquent ses participants à vivre le mieux possible et surtout à l'intégrer à leur vie, plutôt que de l'empêcher ou d'en limiter les perspectives », estime Yann Derobert.
Ce dernier reconnaît que ce qu'il a trouvé chez Intervoice, c'est aussi « l'espoir ». « Chaque meeting d'Intervoice, chaque temps de formation avec des personnes en voie de rétablissement est pour moi un véritable ressourcement : en trouvant une force et une motivation auprès des personnes qui ont relevé le défi du rétablissement, c'est mon propre défi en tant que futur professionnel qui m'est renvoyé : celui de me montrer à la hauteur du désir de vivre de ces personnes. » Car, s'exclame-t-il, « comment travailler dans la santé mentale sans avoir en soi la conviction profonde qu'un rétablissement est possible ? Aujourd'hui encore, de jeunes personnes reçoivent (littéralement) un diagnostic de ''schizophrénie'' assorti de ce qu'il faut bien appeler des ''condamnations'' (telles que il/elle ne pourra plus jamais travailler). Travailler comme soignant sans espoir pour son ''patient'', revient – selon le mot de Ron Coleman - à travailler pour la maladie, pas pour la santé. » A bon entendeur...

Pour se documenter

Le Pavois de Québec, www.lepavois.org, tél. : (418) 627-9779
(1) Aussi connu sous le nom de « bullying ».
(2) Marius Romme, Sandra Escher, Jacqui Dillon, Mervyn Morris, Dirk Corstens (Editors), Living with Voices: 50 Stories of Recovery, Publisher PCCS Books in association with Birmingham City University, United Kingdom, 2009.
(3) Thématique du congrès : Raising Our Voices - Speaking Our Truths: World Hearing Voices Congress (deux jours) and INTERVOICE meeting (une journée).
(4) Basé sur les travaux de Rome et Esher (1993), Deegan (1993), Coleman et Smith (1997), Baker (2000) et Downs (2001).
(5) On peut consulter les rapports de recherche réalisés en collaboration avec PECH et l'Université Laval sur : www.lepavois.org/recherches.htm
(6) J.-D. Guelfi, F. Rouillon et alii, Manuel de psychiatrie, collection « Psycho », Paris, Masson, 2007.

12 commentaires:

  1. Merci. Avant j'entendais deux voix qui se parlaient comme un couple ayant déjà vécu et qui sont devenus des esprits errants mais qui se retrouvent dans l'espace où je peux les entendre. Maintenant j'entends que la voix féminine. Elle est seule et parfois elle parle d'elle comme existante à mes oreilles. Je l'entends encore. Et elle persiste à se faire entendre plus loin toutefois dans l'espace. Parfois elle est plus proche de moi, je l'entends mieux mais d'autres fois je sens qu'elle est plus loin. On dirait qu'elle s'accroche au monde des vivants mais que elle est morte en réalité. Je l'entends surtout lorsque je suis seule. Elle me réconforte un peu. C'Est comme une force qui vit près de moi et j'ai du mal à m'en défaire. J'ai comme besoin d'elle comme d'une amie.

    Les réseaux d'entraide sont très importants pour créer des liens avec des gens. On parle ensemble, on échange et on se donne de la force mutuellement. Nous sommes fragiles et sans la médication je n'arriverais même pas à travailler. Je ne serais pas acceptée, mais j'ose espérer qu'un jour je pourrais vivre sans médication. Ma mère me dit: ''Prends tes médicaments. '' Elle y croit beaucoup. Elle ne m'accepterais pas si je ne les prenais pas. Elle m'ignorerait complètement et me laisserait seule avec mes problèmes. J'ai déjà arrêté les médicaments et j'avais des hallucinations, mais il me semble que je serais passé à travers. Je serais probablement davantage seule. J'ai encore du mal à me faire des amis parce que je travaille aussi. Je n'ai pas le temps d'avoir des amis. Sans la médication, serait-il possible d'être aimée et me faire des amis. Serais-je correcte avec les autres? J'en doute. J'aurais du mal à me contrôler surtout après avoir pris la médication. Je ne suis pas bien avec la médication. C'est un cercle vicieux dans lequel je ne peux plus me sortir.

    Écrivez-moi: gingrasisabelle@yahoo.ca

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    1. Bonsoir Isabelle, moi aussi je n'ai pas d'ami(e)s et ce depuis la petite enfance, je me suis toujours sentie à part et cela continue, depuis 3 ans les voix sont là. Peut-être n'est-ce pas une tare de ne pas avoir d'ami(e)s, cela ne nous enlève pas ce qu'il y a de bon en nous. Mais je te souhaite de rencontrer au moins une amie un jour...

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  2. moi j'entends des voix, même une voix m'harcèle, et je ne peux rien faire pour me plaindre, tout ça est considéré dans ma tête. Pourquoi ceux qui ont conscience de la télépathie ne se rassemblent pas et ne se motivent pas pour prouver la télépathie par des échanges de mots par exemple. C'est trop tabou, moi je suis harcelée moralement et je ne peux rien faire, je dois supporter cet avilissement.

    Mon mail c'est perdulechat@live.fr

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  3. J'ai lu le très intéressant article et je suis très impressionnée par l'attitude du français Yann Derobert. Il représente un espoir dans la psychiatrie française. Là encore, la France est en retard sur les pays anglo-saxons et le Canada.
    J'entends des voix depuis la mort de mort de mon père. Il y a une intelligence de la Vie à laquelle il est fondamental de faire confiance pour guérir. Ces voix m'ont enseigné un chemin que nul autre n'aurait pu me donner. J'ai cherché des solutions pour retrouver l'équilibre ou en trouver un autre. Aujourd'hui, lorsqu'elles se présentent - il y en a de toutes sortes -, j'ai les solutions pour laisser ce plan à sa place et revenir à l'instant présent, dans le corps et dans le coeur de mon Etre qui n'est que Paix. C'est un cheminement de l'expérience vers l'essence, de l'existence vers l'Etre. Pour moi, comme pour d'autres, il a pris aussi l'outil des voix. Chacun de nous, pour devenir ce qu'il EST traverse ses démons ( angoisses, peurs, doutes etc). C'est à ce prix que le preux chevalier peut réveiller la Belle au bois dormant. A tous ceux qui souffrent de ces voix, je dis :"courage, apprivoisez-les comme on dompte les lions ou les tigres sauvages. Dans cet apprentissage, des trésors de Vie vous seront révélés".

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    1. un peu tard pour vous répondre, je n'entends pas personnellement de voix mais quelqu'un de mon entourage, et pour moi, c'est la vie autonome qui veut s'actualiser, sorte de "retour du refoulé" et j'entends un peu cela dans vos propos. Merci

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  4. Entendeur de voix c'est pas très beau, j'appellerais plutôt ces sujets des logaudes ou bien des audivoces. Ces noms aux racines latines évidentes auraient du être inverté bien plus tôt.

    Lorsque j'était gamin, j'avais une institutrice - probablement audivoce - et lorsque nous ne savions pas que faire, elle nous disait d'écouter la petite voix qui nous disait de que nous devions faire. Je devais avoir une dizaine d'années, et du coup je me suis dit que j'étais anormal car moi, je n'entendais pas de voix me disant ce que je devais faire.

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  5. Bonjour . mon prénom est Jean michel J 'habite Mons en Baroeul prés de Lille et je fais partie du groupe
    entendeurs de voix de Mons-en-baroeul depuis 2 ans. Ma rencontre avec ce groupe a été décapante. Pour
    la 1er fois , je pouvais parler de mes voix, apprendre par les partages, à les apprivoiser , à leur donner rendez
    vous pour ne plus etre envahie, et surtout à ne plus en avoir peur. Actuellement , je n'entends plus de voix, je n'ai plus d'hallucinations , de stress et d'angoisse. J'ai fait egalement un tavail en profondeur avec un psy nouvelle génération sur mes traumatismes de l'enfance. Le tout m'a libéré . Enfin depuis 1 an je suis sans traitement injectable et comprimés . Bref je suis heureux
    Jean michel

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    1. Bonjour jean Michel,

      Comment fait-on pour venir dans un groupe d'entendeur de voix, à Lille. Mon fils entend des voix depuis 1 mois et cela lui fait peur. Donne moi les coordonnées s'il te plait de votre facilitateur afin que mon fils puisse le rencontrer et peut-être intégrer le groupe et devenir heureux de nouveau comme toi.
      merci à toi

      Gene

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    2. Félicitations. Tous les entendeurs de voix ou en souffrance psychologique doivent chercher à comprendre leur histoire de vie et les traumatismes qui n'ont pas été digérés. Le bonheur et la libération en seront la conséquence, mais c'est parfois un très long chemin...de vie,et qui passe par la souffrance.

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  6. Bonsoir,
    je lis tous ces témoignages et me dis que il est vrai que finalement nous sommes tout à fait normaux, excepté que nous sommes différents. Comme vous, j'entends des voix, mais à vrai dire, il ne s'agit pas de troubles auditifs, en fait ces voix sont intérieures, comme si je me parlais, je ne sais pas comment expliquer ce qui se passe. La caractéristique flagrante est que la plupart du temps, j'ai deux discours complètement opposés et j'avoue que cela me fatigue, 2 voix qui tout à coup me disent "il va te tromper" et "il ne te trompera pas" pour prendre un exemple basique, et au final je ne sais à quelle voix me référer. Comme de l'indécision. Et souvent, ces voix parlent de la mort ou de vivre. Donnez-moi votre opinion vous qui êtes aguerri aux voix... Merci. jlj.

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  7. Bonjour également j ai des hallucinations auditives au contact de personnes dans mon entourage ou en croisant des personnes dans la rue,à la télévision ou ds les émissions radios et je les perçois comme voix extérieures c assez usant à supporter pr le cerveau

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  8. Bonjour également j ai des hallucinations auditives au contact de personnes dans mon entourage ou dans la rue ce sont des voix perçu comme extérieure par mon cerveau c assez usant à gérer au quotidien

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